Les Haut Conteurs T5 : La Mort noire d'Oliver Péru et Patrick McSpare



Editions : France Loisirs, 446 pages, 2013
Résumé : Rome, automne 1193. Humbles ou puissants, les gens meurent par milliers, foudroyés par la Mort Noire. De sinistres semeurs de peste y veillent, hantant les rues et les collines de la ville. Les Haut-Conteurs semblent être les seuls à pouvoir arrêter ces créatures. Mais, accusés de sorcellerie, pourchassés par la foule qui les adulait hier encore, ils deviennent les jouets d'un ennemi fait d'ombres et de secrets. Alors que le temps joue contre eux et le monde entier, Roland, Mathilde, Salim et Corwyn voient se réaliser les pires prophéties du Livre des Peurs. Ainsi, l'heure est venue de tout comprendre...

Mon avis


Dernier tome de la saga, La Mort noire vient mettre un point final à cette histoire pleine de magie et d'épiques aventures. Plus sombre et dramatique que ses prédécesseurs, il n'épargne personne, ni les protagonistes, ni même les lecteurs.

L'histoire des Haut-Conteurs, c'est avant tout celle d'une quête : la recherche d'un livre mystérieux et maléfique, dont les centaines de pages ont été disséminées aux quatre coins d'une Europe médiévale. Dans ce roman, toutes les questions posées depuis les premières pages du T1 trouvent une réponse : Qu'est-ce que le Livre des Peurs ? Pourquoi et par qui a-t-il été écrit ? Quel est le lien qui l'uni à Roland Coeur de Lion ? Nos compagnons irons de découvertes en déconvenues, s'enfonçant toujours un peu plus dans les ténèbres. Ce cinquième livre ne vous apportera pas de fin heureuse. Il est amer, frustrant et laisse un fort sentiment de trahison au lecteur.

Je n'ai pas apprécié cette fin. Ce n'est pas tant le contenu qui m'a déplu que la forme. Pour ce qui est du contenu : il est trop sombre à mon goût. Le traitement réservé aux personnages est difficile à avaler, surtout lorsqu'on s'y est attaché comme moi. Mais j'y reviendrai par la suite. En réalité, c'est surtout la forme qui m'a déçue : c'est simple, trente ans sont résumés en un seul chapitre. Pour moi, l'ellipse est trop grande. Le dernier chapitre expose au lecteur ce qui s'est passé lors des trois précédentes décennies. Puis il revient au temps présent et apporte l'événement final, le point d'orgue de la saga. Ça me paraît bien trop expédié.

Les personnages maintenant. Je mentirai en disant que leur exploitation m'a convaincue. C'est une histoire sombre, c'est vrai. Nous le savons dès le premier tome. Mais je ne m'attendais pas à ce que la fin de certains personnages suive le même chemin. Prenez Geoffroy Bouche-Goulue, ce haut-conteur plus attiré par la ripaille que par les aventures. Il paraît inoffensif avec sa grosse bedaine, c'est pourtant un fin combattant. Je l'ai adoré dès sa première apparition dans le T3. Dans ce tome-ci, il n'apparait quasiment pas, puisqu'il est rentré chez lui en Allemagne. Soit. Malheureusement lorsqu'enfin il réapparait, c'est décevant et franchement, cela laisse un sentiment de déception à tous les lecteurs qui comme moi, auront eu un coup de coeur pour ce personnage. Prenez ensuite Salim l'Insondable : un haut-conteur à qui on a coupé la langue. Il a perdu la capacité de parler des années auparavant, et par là, sa capacité à conter bien sûr. Psychologiquement, cela a forcément un impact sur le personnage. Nous avons la chance d'apprendre comme ce tragique accident a eu lieu, mais le personnage restera un mystère jusqu'au bout car nous ne savons pas ce qu'il ressent vraiment au fond de lui. Ne plus pouvoir conter... cela doit être si difficile à supporter. J'aurais aimé approfondir les sentiments de Salim. Quant à Mathilde et Roland... leur fin est pour moi d'une amertume difficile à avaler.
C'est très cruel, mais au fond, c'est le jeu.

Pour ce qui est de la saga dans sa globalité, il est une chose qui m'a également déçue : c'est le mot "Conteur", ou plutôt, ce qu'il représente. La voix des rois, cette capacité à mobiliser les muscles respiratoires, la cage thoracique, la résonance, pour façonner sa voix de sorte qu'elle produise des notes d'une puissance maitrisée à l'extrême... n'est finalement que peu utilisée. Elle aurait pourtant dû apparaître comme l'un des éléments principaux de cette épopée. Elle n'est finalement que très peu utilisée. Cette saga n'est pas tant l'histoire de conteurs que celle de guerriers / aventuriers. Les héros passent le plus clair de leur temps à guerroyer. La manipulation des armes telles que les épées, la hachette, les poignards est constamment utilisée. Mais cette voix, la voix des rois... ils auraient pu en faire tellement de choses : une arme offensive, défensive, un pouvoir de manipulation de l'esprit, et j'en passe. Les idées ne manquent pas. Malheureusement, cet aspect de l'histoire a été éludé par un contexte assez simpliste de guerre moyenâgeuse. Du gâchis...


En conclusion

Je m'attendais à autre chose, vraiment. L'histoire est sombre et cruelle, mais au-delà de ça, j'espérais une aventure différente. Je déplorais dans le T3 que l'histoire ne suive plus la quête du Livre des Peurs. Au final, cette quête ne m'a pas plu plus que cela. J'aurais préféré un travail plus approfondi sur la voix des rois, un traitement plus psychologique des personnages et une fin bien moins expédiée que celle à laquelle nous avons eu droit. Ceci dit, la saga des Haut-Conteurs reste une bonne histoire de fantasy qui ravira un public friand de cette atmosphère sombre et cruelle.



























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