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mercredi 15 juillet 2020

La Boite à musique T1 : Bienvenue à Pandorient de Gijé et Carbone



Éditions : France Loisirs, 2020, 60 pages
Résumé : Pour son 8ème anniversaire, Nola reçoit un magnifique cadeau : la boîte à musique de sa maman Annah. Quelle mélodie enchanteresse ! Mais à y regarder de plus près, une petite fille gesticule à l'intérieur et appelle au secours... En suivant ses instructions, Nola rapetisse et entre dans la boite à musique. Elle découvre alors Pandorient, un monde fabuleux mais aussi dangereux...

Mon avis

La Boite à musique, c'est d'abord une couverture magnifique, qui attire l’œil par ses belles couleurs et cette petite fille dessinée en son centre. De quoi mettre l'eau à la bouche et attirer les lecteurs comme des abeilles. Et effectivement, les cases sont joliment illustrées et rendent justice à la couverture. Les traits sont tout en rondeur, les couleurs - rose, bleu, violet - immergent rapidement les lecteurs dans ce monde féérique.

Ensuite, l'histoire de Nola : Elle est à la fois touchante et pleine de mystères. On apprend très vite que la petite fille et son père sont en plein processus de deuil suite au décès de la maman de Nola. Alors qu'elle fête ses 8 huit ans, son père lui offre une boite à musique ayant appartenu à sa mère. L'enfant s'isole alors avec son présent déjà si précieux à ses yeux, et y découvre avec stupeur une autre petite fille enfermée à l'intérieur. Débute alors une incroyable aventure dans un monde féérique, enfermé dans cette petite boite.

L'histoire est très simple pour ce premier tome. Elle introduit le monde de Pandorient, ce petit univers peuplé de créatures surnaturelles, où les lois et coutumes sont bien différentes des nôtres. Nous apprenons que la mère de Nola y était déjà allée par le passé et qu'elle s'y était même fait des amis. Pour Nola, l'adaptation à ce nouvel environnement se fait très vite. De toute manière, elle n'a guère le choix ni le temps de poser beaucoup de questions : à peine arrivée, la voilà embarquée dans une course contre la montre afin de sauver la mère de ses nouveaux amis, Igor et Andrea. Les péripéties s'enchainent à une vitesse folle, si bien que le lecteur a à peine le temps d'apprécier ce nouveau monde, que Nola est déjà rentrée.

Cette bande dessinée est destinée à un jeune public, toutefois elle propose différents degrés de lecture qui contentent tous les âges. On se rend bien vite compte que les lois qui régissent Pandorient sont très strictes et qu'elles vont probablement poser problème à notre jeune héroïne dans le futur. En tout cas, j'ai trouvé cette histoire à la fois attendrissante et entrainante. L'intrigue est assez simple et nous n'avons pas vraiment le temps d'explorer Pandorient. Je pense donc qu'il s'agit simplement d'une introduction. Nous rentrerons probablement plus en profondeur dans le sujet à partir du T2. Je l'espère en tout cas.


En conclusion

Ce premier tome est magnifique : les illustrations sont à la hauteur de la couverture qui attire l'oeil sans problème. L'histoire quant à elle, est très simple mais les personnages sont attachants et surtout... le monde de Pandorient intrigue et questionne. J'ai hâte de lire la suite !


La boite à musique
T1 : Bienvenue à Pandorient
T2 : Le Secret de Cyprien
T3 : A la recherche des origines







dimanche 5 juillet 2020

Les Haut Conteurs T5 : La Mort noire d'Oliver Péru et Patrick McSpare



Editions : France Loisirs, 446 pages, 2013
Résumé : Rome, automne 1193. Humbles ou puissants, les gens meurent par milliers, foudroyés par la Mort Noire. De sinistres semeurs de peste y veillent, hantant les rues et les collines de la ville. Les Haut-Conteurs semblent être les seuls à pouvoir arrêter ces créatures. Mais, accusés de sorcellerie, pourchassés par la foule qui les adulait hier encore, ils deviennent les jouets d'un ennemi fait d'ombres et de secrets. Alors que le temps joue contre eux et le monde entier, Roland, Mathilde, Salim et Corwyn voient se réaliser les pires prophéties du Livre des Peurs. Ainsi, l'heure est venue de tout comprendre...

Mon avis


Dernier tome de la saga, La Mort noire vient mettre un point final à cette histoire pleine de magie et d'épiques aventures. Plus sombre et dramatique que ses prédécesseurs, il n'épargne personne, ni les protagonistes, ni même les lecteurs.

L'histoire des Haut-Conteurs, c'est avant tout celle d'une quête : la recherche d'un livre mystérieux et maléfique, dont les centaines de pages ont été disséminées aux quatre coins d'une Europe médiévale. Dans ce roman, toutes les questions posées depuis les premières pages du T1 trouvent une réponse : Qu'est-ce que le Livre des Peurs ? Pourquoi et par qui a-t-il été écrit ? Quel est le lien qui l'uni à Roland Coeur de Lion ? Nos compagnons irons de découvertes en déconvenues, s'enfonçant toujours un peu plus dans les ténèbres. Ce cinquième livre ne vous apportera pas de fin heureuse. Il est amer, frustrant et laisse un fort sentiment de trahison au lecteur.

Je n'ai pas apprécié cette fin. Ce n'est pas tant le contenu qui m'a déplu que la forme. Pour ce qui est du contenu : il est trop sombre à mon goût. Le traitement réservé aux personnages est difficile à avaler, surtout lorsqu'on s'y est attaché comme moi. Mais j'y reviendrai par la suite. En réalité, c'est surtout la forme qui m'a déçue : c'est simple, trente ans sont résumés en un seul chapitre. Pour moi, l'ellipse est trop grande. Le dernier chapitre expose au lecteur ce qui s'est passé lors des trois précédentes décennies. Puis il revient au temps présent et apporte l'événement final, le point d'orgue de la saga. Ça me paraît bien trop expédié.

Les personnages maintenant. Je mentirai en disant que leur exploitation m'a convaincue. C'est une histoire sombre, c'est vrai. Nous le savons dès le premier tome. Mais je ne m'attendais pas à ce que la fin de certains personnages suive le même chemin. Prenez Geoffroy Bouche-Goulue, ce haut-conteur plus attiré par la ripaille que par les aventures. Il paraît inoffensif avec sa grosse bedaine, c'est pourtant un fin combattant. Je l'ai adoré dès sa première apparition dans le T3. Dans ce tome-ci, il n'apparait quasiment pas, puisqu'il est rentré chez lui en Allemagne. Soit. Malheureusement lorsqu'enfin il réapparait, c'est décevant et franchement, cela laisse un sentiment de déception à tous les lecteurs qui comme moi, auront eu un coup de coeur pour ce personnage. Prenez ensuite Salim l'Insondable : un haut-conteur à qui on a coupé la langue. Il a perdu la capacité de parler des années auparavant, et par là, sa capacité à conter bien sûr. Psychologiquement, cela a forcément un impact sur le personnage. Nous avons la chance d'apprendre comme ce tragique accident a eu lieu, mais le personnage restera un mystère jusqu'au bout car nous ne savons pas ce qu'il ressent vraiment au fond de lui. Ne plus pouvoir conter... cela doit être si difficile à supporter. J'aurais aimé approfondir les sentiments de Salim. Quant à Mathilde et Roland... leur fin est pour moi d'une amertume difficile à avaler.
C'est très cruel, mais au fond, c'est le jeu.

Pour ce qui est de la saga dans sa globalité, il est une chose qui m'a également déçue : c'est le mot "Conteur", ou plutôt, ce qu'il représente. La voix des rois, cette capacité à mobiliser les muscles respiratoires, la cage thoracique, la résonance, pour façonner sa voix de sorte qu'elle produise des notes d'une puissance maitrisée à l'extrême... n'est finalement que peu utilisée. Elle aurait pourtant dû apparaître comme l'un des éléments principaux de cette épopée. Elle n'est finalement que très peu utilisée. Cette saga n'est pas tant l'histoire de conteurs que celle de guerriers / aventuriers. Les héros passent le plus clair de leur temps à guerroyer. La manipulation des armes telles que les épées, la hachette, les poignards est constamment utilisée. Mais cette voix, la voix des rois... ils auraient pu en faire tellement de choses : une arme offensive, défensive, un pouvoir de manipulation de l'esprit, et j'en passe. Les idées ne manquent pas. Malheureusement, cet aspect de l'histoire a été éludé par un contexte assez simpliste de guerre moyenâgeuse. Du gâchis...


En conclusion

Je m'attendais à autre chose, vraiment. L'histoire est sombre et cruelle, mais au-delà de ça, j'espérais une aventure différente. Je déplorais dans le T3 que l'histoire ne suive plus la quête du Livre des Peurs. Au final, cette quête ne m'a pas plu plus que cela. J'aurais préféré un travail plus approfondi sur la voix des rois, un traitement plus psychologique des personnages et une fin bien moins expédiée que celle à laquelle nous avons eu droit. Ceci dit, la saga des Haut-Conteurs reste une bonne histoire de fantasy qui ravira un public friand de cette atmosphère sombre et cruelle.



























vendredi 3 juillet 2020

Hippocampus T1 : Le Laboratoire secret



Editions : Editions du Seuil, Seuil jeunesse, 11 juin 2020, 14€, 240 pages
Résumé : Ada, 13 ans, est la fille du professeur Varole, le célèbre neurologue qui dirige l'Hippocampes, une clinique ultramoderne. Passionnée par la science du cerveau, Ada est la digne fille de son père. Quand celui-ci disparaît mystérieusement, elle est persuadée qu'elle trouveras l'explication dans son laboratoire secret - auquel, jusqu'alors, elle n'a jamais eu accès. Elle y fait la connaissance de trois patients sur lesquels son père menait d'étranges expériences de transferts de mémoire... et Ada découvre chez chacun d'eux le souvenir de l'accident qui a tué sa mère, 12 ans auparavant. 
Pourquoi son père a-t-il greffé ses propres souvenirs sur ses patients ? Et pourquoi ceux d'un événement si particulier et douloureux ? Ada n'est certaine que d'une chose : c'est en répondant à ces questions qu'elle découvrira ce qui est arrivé à son père. 
Et qu'elle aura une chance de le retrouver...

Je remercie le site internet Babelio.com et les Editions du Seuil pour ce partenariat !


Mon avis

Depuis la saga Harry Potter, je n'ai pas vraiment prêté attention à la littérature jeunesse. J'ai lu quelques bandes dessinées, et quelques romans en partenariat, mais ça s'arrête là. Avec le T1 d'Hippocampus, j'ai pu renouer avec le genre avec lequel j'ai débuté, et qui m'a donné envie de poursuivre mon aventure littéraire. Attention, point de magie. Ici, c'est la science qui prédomine. Un élément de plus que je délaisse souvent au profit du fantastique. Je partais donc avec une certaine appréhension. Et pourtant, bien mal m'en a pris... car j'ai adoré ma lecture de bout en bout. 

L'histoire de la jeune Ada est singulière. Alors qu'elle n'a que deux ans, sa mère décède dans un accident de voiture. Elle est alors uniquement élevée par son père, éminent neurologue spécialiste de la mémoire. Très tôt, la fillette développe un grand intérêt pour le sujet. Âgée d'à peine quelques années, elle dévore toute la bibliothèque de son père, si bien qu'à ses 13 ans, elle possède autant de connaissances sur le sujet que les plus grands chercheurs internationaux. Ne lui manque - comme elle le dit elle-même - que l'expérience chirurgicale. Ce n'est donc pas une adolescente comme les autres. Elle ne s'intéresse qu'aux études menées par son père. Même la mort de sa mère ne semble pas la toucher plus que ça. En revanche, elle se préoccupe énormément de son père. Si bien que le jour où il disparait, elle se charge elle-même de le retrouver. Il s'agit là d'un personnage très marqué, auquel les lecteurs auront peut-être quelques difficultés à s'identifier. Mais à mon sens, c'est ce qui fait le charme de la jeune fille et qui donne une envergure plus poétique au roman. Ada est un personnage particulier. Ce n'est pas l'archétype de l'adolescente que nous pourrions rencontrer dans d'autres lectures jeunesse. Elle est extrêmement mature pour son âge. C'est un esprit pragmatique qui fait peu de cas de ses émotions. Cependant, c'est un trait de sa personnalité qui va évoluer. Le lecteur appréciera sans nul doute le développement de ce personnage, qui passe d'abord pour une jeune fille obnubilée par ses études, et qui au fil du temps, montrera un peu plus d'humanité. 

Son père d'un autre côté, est certainement le personnage qui montre le plus d'émotions. C'est un homme meurtri par la perte de l'amour de sa vie. Si lui aussi montre une passion pour la science, sa quête personnelle est plus humaine : il ne se souvient pas de la totalité de l'accident ayant coûté la vie à sa femme. Le corps n'ayant jamais été retrouvé, il est persuadé que la clé de ce mystère réside dans ce qu'il a oublié. Il va donc tout faire pour retrouver sa mémoire, quitte à implanter ses souvenirs dans le cerveau de ses patients.
C'est là qu'Ada, accompagnée de l'infirmier Kim et d'un patient nommé Sigmund, va découvrir qu'au sous-sol de la clinique, son père cache un étrange laboratoire. Le lecteur prendra plaisir à en découvrir les moindres secrets, rapidement mis à jour par Ada, puisqu'en l'absence de son père, elle en obtiendra tous les laissez-passer. 

Bien que bardée de passages très scientifiques avec un vocabulaire spécifique, uniquement à la portée des initiés, cette histoire est avant tout celle d'une famille. Suivre la petite Ada dans sa quête de réponses, puis dans son évolution personnelle est ce qui tient le lecteur en haleine. Les passages sur la mémoire sont intéressants, mais ce n'est pas l'essence de l'histoire. Le côté scientifique apporte une substance et un support autour desquels se tisse l'intrigue principale. La fin pourra sembler téléphonée pour certains lecteurs. Il n'en reste pas moins qu'elle nous laisse le souffle coupé. 


En conclusion

Par son contenu et son style, c'est définitivement un très bon premier tome. Il introduit parfaitement l'histoire et laisse le lecteur sur un cliffhanger puissant. Le côté scientifique est savamment dosé et bien qu'étant le support de l'histoire, il ne noie pas le drame familial qui reste l'élément principal du livre. Le tome 2 sortira en octobre cette année (si tout se passe bien) et j'ai vraiment hâte de lire la suite des aventures d'Ada et son père. 

Hippocampus
T1 : Le Laboratoire secret
T2 :  ???