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mercredi 23 juin 2021

Solo T1 : Les Survivants de Oscar Martin


 

Editions : France loisirs, 2021, 120 pages
Résumé : Ravagée par les armes nucléaires et chimiques, la Terre a muté et de nombreuses espèces animales ont développé une taille et une intelligence semblables à celle des humains. Pour faciliter la vie de sa famille, Solo, un jeune rat, décide de prendre la route. Dans ce monde hostile fait de prédateurs, de cannibales, de monstres ou de pirates, Solo va devoir devenir le meilleur guerrier pour survivre.
 
Merci à France Loisirs pour cette lecture réalisée dans le cadre des Top Lecteurs 2020.
 
Mon avis 

Ce premier tome introduit parfaitement l’univers et présente avec finesse le personnage principal : Solo. Rat mutant aux capacités de combat exceptionnelles, il quitte à contre coeur le cocon familial pour une vie d’errance. Rapidement, il est capturé par des humains et obligé de combattre dans une arène. Il devient très vite le lutteur fétiche de toute une génération.
J’ai apprécié ce roman car il mêle à la fois action, décors dystopiques et philosophie de vie. Car si le concept de base est assez peu original (une planète terre ravagée par une catastrophe nucléaire, des animaux mutants, des colonies simulacres de havres de paix, des combats d’arène, la déchéance humaine totale, etc), ce sont les pages où le personnage se questionne qui sont les plus intéressantes. Comment ne pas se perdre dans un monde aussi cruel ? Comment ne pas laisser cette part animale prendre le dessus et se déchoir ainsi de toute humanité, même lorsque l’on est soi-même un animal ? Comment trouver le bonheur dans un monde où le mettre mot est la survie ? Les réflexions que se fait Solo sont très justes et apportent une dimension tragique à toute l’histoire. 

Les illustrations quant à elles sont nettes et précises. On comprend très bien les combats et leurs divers mouvements. Quant aux couleurs elles sont plutôt dans les tons gris et jaunes, significatifs de ce monde post-apocalyptique, métallisé, où la nature n’est plus qu’une vaste étendue aride. Tout est très harmonieux.
Ce tome 1 est une parfaite introduction au monde de Solo et donne très envie de découvrir la suite ! 

En conclusion

Je dirais que c’est une dystopie qui sort de l’ordinaire par son côté philosophique. L’univers et les personnages sont construits de façon cohérente. Les quelques clichés sont nuancés par la réflexion soutenue et régulière que mène le héros sur le sens de la vie. À la fin de l’histoire, on sent parfaitement que ce premier tome, bien qu’une histoire en soit, n’était que l’introduction vers un monde et une intrigue plus vaste.

 

mardi 15 juin 2021

Un monde pour demain de Chloé Garcia

 

Editions : Le Lys Bleu, 128 pages, 23 octobre 2020
Résumé : Machines intelligentes, technologies novatrices, systèmes politiques douteux, contes de fées étonnants et climats capricieux, Un monde pour demain nous amène à réfléchir sur des problématiques variées : réchauffement climatique et montée des eaux, reconstruction de l’humanité à la suite de crises sociales ou sanitaires, avènement technologique et nouveaux modes de travail, modifications génétiques et éthiques, systèmes sécuritaires et liberté contrariée. Chaque nouvelle nous plonge dans un univers inédit, entre émotion, lumière, interrogation et obscurité…
 
Je remercie l'autrice pour cet SP et sa confiance et m'excuse d'avoir tant tardé à rédiger ma chronique.
 
Mon avis
 
J'ai sauté plusieurs pas avec ce recueil de nouvelles. Le premier, c'est le sujet. J'ai toujours eu du mal avec les histoires futuristes. Ce n'était donc pas gagné. Mais l'autrice m'a convaincue assez vite. Sa plume est fluide et se lit très bien. Son vocabulaire parfois technique, est maitrisé et accessible à tous. Bien que toutes les nouvelles abordent le monde de demain, chacune présente un contexte, un environnement différent. L'imagination de l'autrice semble sans limite et c'est ce qui fait le charme de ce recueil. Vous passerez d'un monde sub-aquatique à un autre, caché sous un dôme de verre. Vous rencontrerez des personnages qui n'auront que leur propre survie en tête alors que d'autres vivrons dans un monde où les contraintes et la misère n'existent plus. On a la possibilité de passer d'une histoire à l'autre et donc d'un contexte à un autre. C'est à la fois exaltant et en même temps frustrant, car on aimerait que certaines histoires soient plus développées tant elles sont intéressantes.
 
Le deuxième pas, c'est le fait que ce soit un recueil. Je dois en lire un tous les deux ans environ. Ce n'est pas mon format préféré, je trouve en général les histoires trop courtes pour m'y intéresser vraiment. 12 nouvelles pour 128 pages, cela fait globalement une dizaine de pages par nouvelle. Assez pour vous exposer l'histoire et son contexte mais pas assez pour vous immerger totalement dedans. C'est la contrainte des recueils de nouvelles. Certaines histoires ne vous laissent pas un grand souvenir, d'autres vous happent avec férocité. Par exemple, j'ai particulièrement aimé les nouvelles Lueur d'espoir et Une signature ou la vie. J'aurais voulu en savoir tellement plus, avoir le fin mot de l'histoire comme on dit. C'est à la fois frustrant et magique. On termine ces histoires avec un goût amer en bouche tout en pensant "Bien joué !" car elles ont fait le job et nous ont embarqué sans ménagement.

En conclusion

Avec ce recueil, Chloé Garcia ouvre un champ de possibilités incroyable pour le monde de demain. Ses idées et ses propositions sont intrigantes, parfois étonnantes ou angoissantes. Mais elles éveillent toutes quelque chose en nous. Nous savons tous que nous ne pourrons pas continuer longtemps notre petit train de vie actuel... qu'un jour, les choses changeront. Elles l'ont déjà fait, il suffit de regarder la crise sanitaire que l'on vit aujourd'hui. Ces histoires résonneront en vous comme elles l'ont fait pour moi pour une seule et même raison : il est possible qu'elles ne restent pas définitivement du domaine de la science-fiction.

dimanche 23 mai 2021

Hematite T1 : Sérénade de Frederico Piatti et Victoria Maderna


Editions : Dargaud, 23 avril 2021, 72 pages
Résumé : Dans un monde de démons, Hématite est une petite vampire sombre et un peu rebelle. Descendante de l'illustre famille des Blackwood elle est, au grand dam de ses parents, en conflit avec sa condition de vampire, préférant au sang chaud des soupes de légumes ! Et plutôt que d'être scolarisée à l'Académie Diaemus avec ses congénères, elle a opté pour l'expérience de la mixité à la Wolven school. Mais bon, être différent et avoir du tempérament n'aide pas toujours à se faire des amis... Heureusement il y a Drunela, la poésie... Et Émile ! Un jeune humain passionné par les sciences occultes dont Hématite est secrètement amoureuse. Malheureusement, faire le pont entre les mondes n'est pas des plus facile...
 
Je remercie les éditions Dargaud et le site Babelio.fr pour l'envoi ! 
 
Mon avis
 
 Parlons d'abord de l'objet en lui-même. J'adore l'illustration de la couverture. Hematite est dans les airs au centre de la page, ses vêtements violets dénotant sérieusement sur le fond bleu de la nuit. Elle attire l'oeil au premier regard. Et la texture... la couverture est légèrement rugueuse, juste assez pour être agréable au toucher. C'est un plaisir de tenir ce livre en main. 

Quant à l'histoire, je ne sais jamais trop à quoi m'attendre lorsque je lis une bande dessinée. Le format et le nombre de pages font que l'histoire est toujours assez courte. De plus, le T1 sert souvent d'introduction, l'intrigue est donc en général écourtée au profit de la mise en place de l'univers et du contexte de l'histoire, ce qui est normal. Le premier tome d'Hématite s'en sort avec brio. Il présente les personnages principaux avec intelligence et met rapidement en place l'histoire, laissant la porte grande ouverte pour les tomes suivants. Sur 72 pages, il fallait être concis, et le pari est réussi par ses auteurs. L'intrigue est pertinente, chaque événement complète le précédent et le suivant. J'ai beaucoup apprécié le personnage d'Hématite justement. Cette jeune vampire n'entend pas suivre le chemin tout tracé par sa famille. Boire uniquement du sang ? Étudier dans une école élitiste et réservée à ceux de son espèce ? Ne se soucier que des apparences et de la noblesse de son nom ? Pour Hématite, tout ça est hors de question. Elle mange de la soupe, étudie dans une école public aux côtés d'humains et d'autres espèces surnaturelles, et elle entend bien faire ce qu'elle veut de sa vie, quitte à bafouer le nom de ses parents. Voilà une vampirette rebelle. Ce que j'aime chez elle, c'est également ce côté mélancolique. Oui, elle assume son côté rebelle, mais elle en souffre tout de même. Ce n'est pas facile d'être soi-même lorsque votre entourage ne vous comprend pas et ne vous soutient pas. Heureusement, elle a ses amies, et ça change tout !

Le côté moins à mon goût ce sont les illustrations. Pour le coup, c'est purement personnel. Je n'aime pas des masses ce style que je trouve trop "dessiné". C'est assez compliqué à expliquer. Les ombres sont faites de hachures, les arrières plans souvent peu détaillés... c'est un style que je n'affectionne pas. Par contre, les dessins sont suffisamment travaillés pour que le lecteur ou la lectrice comprenne ce qu'il se passe. On lit avec facilité les mouvements et les regards des personnages sont précis. En terme de compréhension, il n'y a aucun problème.


En conclusion

J'ai vraiment aimé l'histoire d'Hématite. Le contexte est introduit avec intelligence tout comme les personnages, et l'intrigue se met vite en place. Si le style des illustrations ne me plait pas, il faut tout de même souligner qu'elles sont très bien travaillées et permettent aux lecteurs de comprendre facilement tout ce qu'il se passe. Je lirai le tome 2 avec plaisir !

 

jeudi 13 mai 2021

Lady Helen T1 - Le Club des Mauvais Jours d'Alison Goodman



Editions : Gallimard, 568 pages, 18 août 2016,
Résumé : Londres. Avril 1812... Lady Helen Wrexhall s'apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l'espoir de faire un beau mariage. Mais une bonne de la maison disparait, des meurtres sanglants sont commis et Helen fait la connaissance de Lors Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société. Lady Helen est dotée d'étranges pouvoirs, mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d'insouciance pour basculer dans un monde terrifiant ?

Mon avis

Trois choses m'ont poussée à commencer cette saga : le côté fantasy bien sûr, l'époque de la régence que j'affectionne particulièrement, et la couverture dont vous ne manquerez pas de remarquer la beauté. Les belles couvertures m'ont toujours attirée, et c'est souvent un critère qui me pousse à me procurer le livre. Il m'arrive souvent d'être déçue, je dois le dire. Mais pas cette fois. Le T1 de Lady Helen est une excellente introduction de l'univers d'Alison Goodman.

Premièrement, le contexte. La régence anglaise ne brille pas par son égalité homme/femme, loin de là. La gente féminine est définie comme le sexe faible, c'est un principe ancré et personne n'en démord. Dans cette société purement patriarcale, Lady Helen découvre qu'elle est une vigilante, un être investi de pouvoirs exceptionnels, qu'elle doit mettre au service de la couronne pour combattre le mal. Elle que l'on a toujours élevée pour ne devenir rien d'autre qu'une épouse et une maitresse de maison, là voilà face à une toute autre réalité. Réalité qu'elle doit cacher, car les vigilants doivent agir dans l'ombre. Toute la question est là. Peut-elle mener ses deux vies de concert ou va-t-elle devoir renoncer à l'une d'entre elles ?
 
Bien évidemment, on retrouve les codes propres à la fantasy : une héroïne orpheline qui ne connait rien de son passé, de ses pouvoirs, du monde magique qui se juxtapose au notre dans l'ombre... tout le tome 1 consiste donc à un introduire l'univers, comme cela se fait dans toute bonne saga de fantasy. Là où les sagas se différencient c'est en général sur la toile de fond, lorsqu'à la mission de sauver le monde s'ajoute des questions plus profondes. Ici Lady Helen, considérée comme faible, hystérique, guidée par ses émotions parce qu'elle est une femme, se trouve dotée de pouvoirs qui dépassent l'imagination. Là voilà qui doit se battre contre un patriarcat qui ne comprend pas qu'une femme puisse posséder autant de capacités. Se battre contre la misogynie, voilà une autre de ses missions. Et parlons de Lord Carlston, son mentor, de quelques années son aîné et qui bien évidemment, ne manquera pas d'attirer l'attention et le cœur de la jeune femme. On sent la romance bâteau arriver et pourtant, elle est légère et très bien écrite et ne prend pas le pas sur l'histoire. Lord Carlston est un personnage ambigüe. Froid, distant, il n'est pas aisé de l'apprécier. Mais il y a bien plus derrière cette carapace. Et ce sont les moments où il se laisse aller qui sont les plus parlants et les plus intéressants. On découvre le personnage par petites touches, au fur et à mesure de ses moments de faiblesse. C'est captivant. 

Enfin, il me faut parler des abuseurs, les grands "méchants" de l'histoire. Êtres démoniaques, cachés au milieu des humains, ils se repaissent de l'énergie humaine. Il existe quatre race d'abuseurs, chacune d'entre elle puisant l'énergie par un canevas différent (la cruauté, l'art, la luxure et la peur). Certains se contentent de piocher un peu d'énergie de-ci de-là, laissant une vague impression de fatigue à leur victime, lorsque d'autres les drainent jusqu'à la mort. Ce sont ceux-là que combat le Club des mauvais jours. Pourquoi ne combat-il pas tous les abuseurs ? Parce que ces derniers sont au nombre de plusieurs dizaines de milliers rien qu'en Angleterre, alors que les vigilants se comptent sur les doigts. La tâche n'est donc pas l'une des plus simples. Ces nouvelles créatures sont très intéressantes car là encore, toutes ne se valent pas. Certains abuseurs sont plus dangereux que d'autres. Du fait de ressembler aux humains, ils peuvent se fondre dans la foule, ce qui les rend plus difficile à débusquer. Certains auront d'ailleurs atteint une position politique confortable, les rendant pratiquement intouchables. On va donc plus loin que la simple chasse aux monstres dans cette histoire.  


En conclusion

Ce premier tome est l'un de mes coups de cœur 2021. Aussi bien l'intrigue que le contexte sont assez originaux pour se démarquer aujourd'hui. L'autrice a créé son propre univers et l'a intégré dans une période historique bien réelle. Elle a fait de nombreuses recherches pour rendre justice à l'époque de la régence anglaise et cela se ressent tant au niveau du vocabulaire que des événements historiques cités. J'ai hâte de terminer le tome 2 que je lis actuellement et qui semble aussi passionnant que ce premier livre.

lundi 19 avril 2021

L'Automne des magiciens T2 - La Reine noire de Hélène P. Mérelle

 

Éditions : France loisirs,  725 pages, 8,90€, décembre 2020
Résumé : Octavianne se retrouve reine d'Elgem malgré elle, un destin qu'elle n'a jamais voulu. Et cette succession ne va pas sans heurt.  Bien des défis l'attendent, en dépit de la méfiance ou de la condescendance de ses conseillers qui ne voient en elle qu'une gamine inexpérimentée.
Et comment apaiser son compagnon Adalgis qui considère le palais royal comme une cage dorée ? D'autant plus qu'un rival inattendu se révèle : Maurin, le capitaine de la garde, qu'Octavianne a aimé autrefois et qu'elle croyait mort. La jalousie de l'homme-lion est féroce, tandis que Maurin de son côté, lui rend bien son hostilité, ne voyant en Adalgis qu'un animal. Entre ces deux êtres que tout oppose, la nouvelle reine aura-t-elle encore la liberté de choisir ?
 
Mon avis
 
 Nous retrouvons Octavianne au palais de la cité d'Elgem, désormais reine de son royaume. Nullement intéressée par ses nouvelles responsabilités, la jeune souveraine n'a qu'une idée en tête : sauver Adalgis d'une mort certaine. L'homme-lion a été grièvement blessé à la fin du premier tome. La magie de la reine est puissante, mais pas assez pour le soigner correctement. Octavianne se concentre donc uniquement sur l'apprentissage de nouvelles techniques de guérisseuse, afin de sauver celui qu'elle aime. 
La différence entre les deux romans est incroyable. Dans le premier, l'héroïne était une vagabonde, toujours en fuite, guettant le moindre mouvement derrière elle. Elle avait pour unique but l'apprentissage et le contrôle de sa magie. Dans ce deuxième livre, c'est complètement différent. Octavianne est désormais reine et doit apprendre à administrer un royaume. Les enjeux ne sont plus du tout les mêmes. C'est très intéressant.
 
Le tome 2 débute au moment où Octavianne, désormais reine, se concentre sur la guérison d'Adalgis. La première partie est principalement centrée sur leur relation. Une fois l'hybride réveillé, il nous faut subir d'interminables disputes mêlant à la fois jalousie, paranoïa et agressivité. J'ai trouvé cela lourd à lire. Je regrettais déjà dans la dernière partie du T1 cette relation toxique entre ces deux personnages, et les longueurs narratives qui en résultaient. De ce fait, l'intrigue n'avance pas des masses. Plusieurs attentats sont perpétrés à l'encontre de la reine, elle qui est jeune, amoureuse d'un hybride, et en plein apprentissage. Sa fougue et son impétuosité font peur aux anciens, et son manque de respect envers la Lune fait craindre le pire au clergé. On sent la tension entre la reine et ses conseillers, ils sont constamment dans la confrontation. Malheureusement, la relation Adalgis/Octavianne prend beaucoup trop d'ampleur et vient saper l'histoire des attentats sur toute la première partie. De plus, moi qui appréciais beaucoup l'héroïne dans le premier livre, je l'ai profondément haïe dans ce second tome. Devenue reine contre sa volonté, c'est un personnage qui fuit ses responsabilités, qui profane et blasphème puis qui prie la Lune lorsqu'elle a besoin d'aide, et qui ne s'intéresse qu'à ses amours. Je conçois que le poste n'a rien d'une partie de plaisir, mais son comportement tient plus de celui d'une adolescente que d'une reine.
 
Heureusement, la seconde partie du tome a vraiment suscité mon intérêt. La romance est toujours bien présente, mais cette fois-ci on se concentre plus sur la relation Octavianne/Maurin. Et cela prend un tour plus politique que précédemment. Maurin enquête sur les attentats, nous rentrons enfin dans le vif du sujet grâce à lui. La politique des Neuf-Cités semble bien huilée. L'autrice sait de quoi elle parle et les divers conseils ainsi que le concile des souverains sont très intéressants à découvrir. Tout est mis sur la table : les différentes alliances politiques et matrimoniales, les commerces entre royaumes, la loi d'abolition de l'esclavage... Ce sont des chapitres extrêmement intéressants, qui nous permettent à nous, lecteurs, de découvrir plus spécifiquement cet univers extraordinaire. 
Deuxième point positif : le personnage de Maurin. C'est homme est bien plus ambigüe qu'Adalgis, plus profond et plus complexe. Là où Adalgis n'était qu'une tempête d'émotions sauvages, Maurin est un paysage froid et silencieux, où le moindre faux pas vous mène directement au trépas. Totalement dévoué à sa reine, il n'a pourtant rien du prince charmant. Soldat émérite, il cache un côté extrêmement sombre de sa personnalité et garde pour lui des secrets plus que dérangeants. J'apprécie beaucoup ce personnage plus abscons qu'Adalgis ou Octavianne. 
Pour finir, il faut aussi parler de la raison pour laquelle ce deuxième tome a pour titre La Reine noire. Dans ce second roman, alors qu'elle est au bord du désespoir, Octavianne lance un sortilège de nécromancie puissant et très dangereux qui aura d'importantes répercussions sur elle et son royaume. J'ai trouvé cette partie absolument fantastique. Je ne me serais jamais attendue à ce que l'autrice nous a proposé là. Ce sortilège est lancé à la suite d'un événement tragique auquel du reste, je ne m'attendais pas non plus. Tout ce qui englobe cette partie de l'intrigue est pour moi une première. Et j'ai trouvé cela à la fois bien pensé et bien exécuté. J'ai hâte de voir ce que le tome 3 nous réserve de ce côté-là ! 
 
 
En conclusion
 
L'Automne des magiciens est une saga que j'apprécie pour son univers, sa politique, ses créatures magiques et sa conception de la magie.  L'autrice a pensé et travaillé son monde imaginaire de bout en bout et on le ressent très vite. Le bémol, c'est toujours cette romance entre la reine et les personnages masculins, qui prend souvent le pas sur l'intrigue. Si on ne prend pas en compte ces relations amoureuses, on a une intrigue vraiment très intéressante.

mercredi 31 mars 2021

Le Royaume assassiné d'Alexandra Christo

 

Editions : De Saxus, 26 novembre 2020,  18,90€, 500 pages.
Résumé : Lira est la sirène la plus dangereuse de l'océan. Elle a déjà pris le cœur de dix-sept princes qui sont tombés sous son charme. Mais un jour, tout bascule lorsqu'elle tue l'une de ses semblables. Pour la punir, sa mère la Reine des Mers transforme Lira en ce qu'elle déteste le plus : une humaine. Elle lui donne alors jusqu'au solstice d'hiver pour lui apporter le cœur du Prince Elian, ou bien elle restera sous cette forme pour l'éternité. De son côté, le Prince considère l'océan comme sa vraie demeure, même s'il est l'héritier du plus grand des royaumes. Chasser les sirènes est sa raison d'être. Mais lorsqu'il sauve une femme qui se noie, il est loin de se douter de sa vraie nature... Pour le remercier, elle lui promet de l'aider à trouver le moyen de détruire toutes les sirènes, mais peut-il vraiment lui faire confiance ? 
 
Mon avis
 
Les réécritures de contes, c'est un thème que j'adore. Parfois c'est plutôt bien fait (Les Contes du Royaume de Sarah Pinborough) et d'autres fois... ça l'est beaucoup moins. De mon point de vue, Le Royaume assassiné se trouve dans cette dernière catégorie. J'ai succombé à l'appel de la blogosphère sur instagram. Tout le monde en parlait, c'était le dernier bouquin à la mode qui inondait les deux tiers des storys. Bien mal m'en a pris, car je n'ai pas du tout accroché.
 
Pourtant, il partait bien. La structure m'a plu, un chapitre sur deux étant écrit du point de vue de la sirène, les autres du point de vue du Prince. On a les deux faces d'une même pièce, on peut faire le va et vient entre leurs histoires respectives et la manière dont ils abordent les mêmes événements.  J'apprécie de plus en plus ce schéma qui permet finalement des lectures différentes d'une même histoire. Là où le bat blesse, c'est dans la construction des personnages et de l'intrigue !
 
Ce roman est un one-shot. La totalité de l'histoire doit donc tenir dans ce livre seul. Pari risqué, surtout lorsque nous abordons de la fantasy. Pourquoi ? Parce que non seulement il faut faire tenir toute l'histoire sur quelques centaines de pages, mais en plus, il faut prendre le temps de présenter l'univers, ses rouages politiques et/ou économiques, l'utilisation de la magie, les différentes créatures surnaturelles, les différents royaumes etc. Et puis il faut aussi pouvoir développer suffisamment les personnages pour qu'ils séduisent les lecteurs ! Tout cela ne laisse plus beaucoup de place pour construire une intrigue à la fois cohérente et intéressante !

Voilà le problème. Pour moi, tout le roman est expédié. L'idée de base est sympa, mais elle n'est pas suffisamment développée. La rencontre entre les deux personnages principaux intervient trop tard. Du coup, leur aventure commune n'a plus de rythme. La partie où ils s'appréhendent est trop longue. On nous promet un grand voyage tout au long du roman. Au final, ils ne le commencent qu'à quelques chapitres de la fin. Forcément, la bataille finale est bâclée car expédiée. D'un autre côté, et j'en reviens à cette histoire de one-shot, l'auteure ne pouvait faire autrement. Il fallait bien qu'elle prenne le temps de nous expliquer le contexte. C'est pourquoi, à mon sens, son histoire aurait gagné à être écrite au minimum en deux tomes. 

Deuxième point négatif : les personnages. J'en retiens deux choses : des dialogues creux avec un humour plat, et une forte incohérence au niveau de la construction des protagonistes. Prenons Elian, qui pour moi, est le personnage le moins intéressant de l'histoire. On dit de lui qu'il est un prince-pirate sans état d'âme, cruel et violent. Que nenni, on découvre dès le départ qu'il a bon coeur, aime ses équipiers comme sa famille, et prend à cœur cette chasse aux sirènes non pas par soif de sang, mais tout simplement pour sauver son peuple. C'est chevaleresque non ? Eh bien tout au long de votre lecture, on vous rabâchera que décidément, non, le prince est un monstre... lui-même se voit ainsi d'ailleurs. Mais ce n'est pas du tout crédible. On voit bien là que c'est un genre qu'a voulu lui donner l'auteure. Mais il n'y a pas de substance. On ne comprend pas d'où lui vient cette réputation. Et pourtant, qu'est-ce qu'on en parle, ça revient presque à chaque chapitre. Au final, c'est un homme qui refuse ses responsabilités de futur roi, qui préfère faire mumuse sur son bateau et jouer au héros en partant à la chasse aux sorcières. Pourquoi pas... mais c'est trop peu, trop cliché, trop fade.
 
Heureusement, Lira est un peu mieux construite. Elle est l'héritière du monde des mers. Tuer des princes... pour le coup, elle y prend vraiment plaisir ! Et elle le montre ! Même lorsque sa mère la trahit, elle n'a de cesse de vouloir tuer le prince pour satisfaire la Reine. Mais plus le temps va passer, plus ses sentiments vont changer. Sa manière de voir le monde va se modifier, tout comme ses sentiments pour Elian. Pour le coup, j'ai apprécié son développement que je trouve cohérent.
 
 
En conclusion
 
L'histoire est intéressante, mais elle aurait gagné à être écrite sur deux voire trois tomes. Le format one-shot ne fonctionne pas ici. Quant aux personnages, Lira est correctement développée, mais Elian est trop cliché pour être intéressant. L'objet livre est joli c'est vrai, mais l'histoire ne lui fait pas honneur malheureusement. C'est dommage, car l'idée originale était très bonne. 

mercredi 24 mars 2021

#Tousdebout de Agnès Marot et Cindy Van Wilder


 

Editions : Hugo & Cie, Collection New Way, 11 mars 2021, 360 pages, 17€
Résumé : D'un côté, Anton, un garçon discret qui se cache derrière le pseudo Gossip Boy pour jouer les justiciers sur Tumblr (et y balancer les pires ragots du bahut). De l'autre, Méloée, jeune fille fougueuse et passionnée qui craque sur Rahim, le petit nouveau du lycée. Sous ses airs d'étudiant sans histoires, le mystérieux Rahim se retrouve vite au centre de toutes les attentions. Surtout lorsque Gossip Boy révèle qu'il est sans-papiers... Bientôt, tout bascule. Rahim est sur le point d'être expulsé. Derrière les grilles, il est temps pour les élèves barricadés de lever le poing pour défendre l'un des leurs !
Je remercie le site Babelio pour cet envoi lors de la dernière masse critique ainsi que les éditions Hugo&Cie. 
 
Il s'agit d'un livre écrit à quatre mains. Ce procédé d'écriture à plusieurs est toujours très intriguant. On se demande quelle organisation ont choisi les deux auteurices pour écrire ensemble et créer une histoire qui leur ressemble à tout.e.s les deux. Pour ce qui est du style, je ne connais pas Agnès Marot, mais je connais Cindy Van Wilder par sa saga les Outrepasseurs que j'ai adorée et chroniquée. Dans #Tousdebout, je retrouve cette fluidité de lecture qui emporte les lecteurs sans qu'ils ne s'en rendent compte. En un tour de main, les 360 pages étaient lues. Je n'ai pas vu le temps filé. Il faut dire que les auteurices savent nous embarquer avec iels. 
 
L'histoire se découpe entre les points de vue de Méloée et d'Anton. Un chapitre sur deux leur est consacré. C'est intéressant de faire le va et vient entre ces deux personnages centraux. On aurait pu croire qu'iels choisiraient d'y inclure de la même façon le point de vue de Rahim, principal intéressé par cette histoire de blocus et de sans-papiers, mais ce n'est pas le cas (je reviens sur le personnage de Rahim plus loin dans ma chronique). Au contraire, on s'intéresse ici à ce que vit Anton (Gossip Boy), un jeune homme qui agit dans l'ombre, en solitaire, tel un justicier mais tellement maladroit qu'il se met à dos la quasi totalité de la ville. Caché derrière son pseudo, ça le fait bien marrer Anton, de voir tout le monde s'acharner sur Gossip Boy, tout en attendant avec impatience sa dernière publication. Mais à trop vouloir faire le malin, il va mettre en branle des événements qui le dépasseront qui auront de graves conséquences pour ses camarades de classe, et pour lui-même.  On s'intéresse également à la jeune Méloée, la petite amie de Rahim et celle qui deviendra rapidement l'instigatrice du blocus du lycée, le rempart entre son amoureux et les joyeusetés administratives françaises (comprenez la menace d'expulsion et les CRS, et à plus grande échelle, le gouvernement iranien). 
 
Le point de vue de Rahim, nous l'avons aussi par les quelques extraits de son journal intime qu'il nous est donné de lire entre les différents chapitres. On comprend bien vite que la situation va plus loin que cette histoire de sans-papier. Rahim vit illégalement en France, mais il ne peut pas vivre non plus dans son pays natal, car on y condamne à mort les personnes lgbtq+. La question n'est donc pas seulement politique, mais aussi identitaire. Et c'est ce qui fait de ce livre une histoire complète. Tout y est traité avec subtilité. On se prend rapidement de compassion pour Rahim, adolescent perdu entre ses sentiments, les lois de son pays, les événements tragiques qu'il a du vivre et les mensonges dans lesquels il vit encore au quotidien. 
 
Ce que j'ai apprécié par dessus tout, c'est qu'aucun des adolescents n'est parfait. Chacun réagit à sa manière, prend des décisions et se laisse porter par le flot des conséquences. Chacun approuve et désapprouve, apporte son aide ou au contraire, repousse les autres. Cette histoire est un bouillon d'émotions mais c'est si bien cuisiné qu'il est impossible pour les lecteurs de s'y noyer. On a peur pour Rahim, on désapprouve Anton tout en lui souhaitant la rédemption qu'il cherche et qu'au fond, il mérite. On admire Méloée tout comme on la fustige lorsqu'elle tire profit de certaines situations, et Mathis... c'est finalement le seul personnage avec lequel je n'ai pas réussi à accrocher. Mais c'était forcément plus difficile pour lui puisque son point de vue ne nous est jamais donné. C'est bien là la seule chose que j'ai trouvé dommage. J'aurais aimé en apprendre plus sur lui et sur la manière dont il vit et voit cette situation. 
 
En conclusion
 
Cette histoire fait réfléchir. Elle percute dans le bon sens du terme. Et en plus d'être très bien écrite et de permettre aux lecteurs une lecture fluide et limpide, elle nous transporte et nous fait passer par une myriade d'émotions.

mardi 9 février 2021

Le pensionnat de Mlle Geraldine T2, T3 et T4 de Gail Carriger


Editions : Orbit, Le Livre de poche, 7,10€, 377 pages
Résumé :  Certaines choses ne changent pas au pensionnat : Monique est toujours aussi pimbêche, les cours toujours aussi mortels et les vampires, les loups-garous et les humains brûlent de s'entretuer. Cette deuxième année s'annonce donc bien remplie pour Sophronia : alors que son école volante se dirige vers Londres pour un mystérieux voyage scolaire, elle doit réussir ses examens, remplir son carnet de bal, perfectionner son art de l'espionnage et découvrir qui se cache derrière un dangereux complot visant à contrôler le prototype susceptible de révolutionner le transport aérien surnaturel. Et voilà que les professeurs commettent l'impensable : ils laissent monter à bord rien de moins que des garçons ! 

Premier élément intéressant, c'est dans ce tome-ci que Sophronia fait la connaissance de Lord Akeldama. Une rencontre fortuite et très courte mais qui a le don de faire sourire le lecteur ou la lectrice qui a lu la saga originale. C'est également le tome des premiers émois de Sophronia. La voilà courtisée par un jeune dandy sous le regard jaloux de son ami Savon, le soutier en chef de l'école. J'ai trouvé que cela était habilement amené et que cela ne prenait pas le pied sur l'histoire principale. Le triangle amoureux s'installe, et il est difficile au lecteur de dire qui des deux jeunes hommes notre espionne en herbe choisira. Les amitiés de Sophronia sont renforcés. On apprécie encore plus Dimity, sa meilleure amie qui s'évanouit dès qu'elle voit une goutte de sang. Sidheag, la jeune écossaise élevée par Lord Maccon fait également partie du groupe. C'est un pilier sur lequel peut toujours se reposer Sophronia lorsqu'elle a besoin de se remettre les idées en place. Et enfin, il y a Agatha, la plus discrète et timide de toutes. À elles quatre, nos espionnes forment une sacrée équipe prête à déjouer tous les complots du monde. 
Et il y en a justement un qui se trame sous leurs yeux. L'histoire débute avec un complot visant Dimity, que Sophronia déjoue habilement. Puis les voilà en voyage vers Londres, officiellement pour un assister à un bal, officieusement pour quelque chose de beaucoup moins légal. Et c'est sans compter sur les garçons de Bunston, l'école des génies du mal, qui ont été invités à passer quelques jours dans le dirigeable de Mlle Geraldine. On retrouve bien la patte de Gail Carriger avec son univers si différent du nôtre et toutes ces technologiques surnaturelles du XIXème siècle. J'apprécie toujours autant les personnages, l'époque historique et l'humour de l'autrice. Et l'intrigue vous tient en haleine tout du long !
La fin est sans précédent. Le dernier rebondissement est assez étonnant et implique un changement radical dans le fonctionnement de l'école. Le suspens est entier et nous fait la promesse d'aventures épiques pour les romans suivants. 
 
 
 

 

Editions : Orbit, Le Livre de poche, 7,10€, 376 pages
Résumé : Toujours élégante, Sophronia continue sa deuxième année au pensionnat – avec un éventail à lames d’acier dissimulé dans les plis de sa robe de bal, bien évidemment. Une arme tendance et fort à propos, puisque la jeune espionne, sa meilleure amie Dimity, l’adorable soutier Savon et le charmant Lord Felix Mersey montent clandestinement dans un train en direction de l’Écosse pour ramener leur camarade de classe Sidheag à sa meute de loups-garous. Personne ne se doute de ce qu’ils vont trouver – ou qui – à bord de ce train étrangement vide. Alors que Sophronia met à jour un complot susceptible de plonger Londres tout entière dans le chaos, elle va aussi devoir décider une bonne fois pour toutes vers qui va sa loyauté.
 
 La première chose à dire sur ce tome 3, c'est que ni son titre, ni son résumé, ne lui font vraiment honneur. Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi il y a le mot poison dans le titre, puisque de toute évidence, il n'y a aucune histoire de poison dans ce troisième roman. Quant au résumé, il nous annonce un voyage en train, qui n'a lieu que dans la seconde partie du livre ! J'ai toujours eu du mal avec les résumés qui vont promettent des événements qui n'interviennent pas dès le début de l'histoire. Personnellement, j'appelle ça du spoile... 
Pour en revenir à l'histoire, celle-ci se concentre un peu plus sur les amours de Sophronia. La jeune femme hésite entre Lord Mersey, bien né et beau garçon, mais qui fait partie des Vinaigriers (un groupuscule qui s'élève dans l'ombre contre les créatures surnaturelles), et Savon, le soutier du dirigeable, pauvre et noir (oui à l'époque victorienne, c'est un détail qui compte...). Tiraillée entre ces deux soupirants, notre petite espionne ne sait plus où donner de la tête. "Heureusement" pour elle, une nouvelle pourtant alarmante met tout en émoi son amie Sidheag, qui disparait subitement de l'école. Sophronia décide de la retrouver et embarque avec elle Dimity, Savon et Lord Mersey dans son périple. Les voilà d'abord à Londres lors d'un bal donné en l'honneur du frère de Sophronia, puis dans un train en direction d'Oxford. Les péripéties et rebondissements s'enchainent, l'humour cynique de l'autrice est toujours au rendez-vous, et l'action est plus salissante que jamais ! Les personnages du Dewan et du capitaine Niall sont plus présents et plus développés. L'intrigue tourne autour de Sidheag, ce qui nous permet également de cerner un peu mieux ce personnage. 
Ce tome nous permet aussi d'aborder la question de l'allégeance de Sophronia, puisqu'il est évident qu'elle devra se trouver un patron à la fin de ses études, à moins de se marier, ce qu'elle ne veut pas. Le troisième roman se termine sur un rebondissement lourd de conséquences pour Sophronia et Cie. 
En résumé, c'est un très bon tome. On voit Sophronia évoluer en tant que femme et espionne. D'un autre côté, la première partie de l'histoire présente quelques longueurs. C'est un peu déséquilibré.




Editions : Orbit, Le Livre de poche, 7,10€, 376 pages
Résumé :  Apprendre l’art de l’espionnage au sein de l’école volante de Mlle Géraldine est devenu fastidieux pour Sophronia, privée de la présence de Savon à ses côtés. Elle préfèrerait utiliser ses talents pour contrarier les plans des Vinaigriers, mais ses maints avertissements au sujet des lâches intentions de ces derniers sont encore et toujours ignorés et Sophronia ne sait plus à qui se fier. Quelles informations détient le bourru dewan de Sa Majesté ? Dans quel camp se place l’élégant vampire Lord Akeldama ? Une seule chose est certaine : un complot d’envergure se trame, et Sophronia doit se préparer à sauver ses amis, son école et Londres tout entier du désastre à venir – sans jamais se départir de son spectaculaire raffinement, bien évidemment.
 
 Après les événements du tome trois, Sidheag n'apparait plus et Savon a quitté l'école pour vivre avec le Dewan. Sophronia n'est donc plus entourée que par ses deux amies Dimity et Agatha. Heureusement pour nous Monique de Pelouse est toujours de la partie. Elle avait quitté l'école pendant les événements du tome 2, et nous l'avions retrouvée lors du tome 3 en bien fâcheuse posture (la faute à Sophronia, comme toujours). Ici, elle sera d'une aide précieuse pour notre jeune espionne. 
Dans ce dernier roman, les Vinaigriers passent ouvertement à l'attaque et leur cible n'est autre que l'école ! Pour quelle raison ? C'est évidemment à Sophronia de le découvrir, puisque aucun de ses professeurs ne semble vouloir lui prêter une oreille. Accompagnée de ses fidèles amies, l'espionne va tout faire pour les arrêter. L'action s'enchaine et les rebondissements s'accumulent. Dans son enquête, Sophronia sera également épaulée par nulle autre que Mlle Geraldine en personne ! Personnage éponyme, elle n'apparait que très peu dans les trois premiers romans. Et la voilà ici en première ligne ! Je suis ravie que l'autrice nous ait gardé cela pour la fin, c'est finement joué ! Et pour notre plus grand plaisir (le mien en tout cas), le professeur Braithwope est également de la partie. 
Avec tout ce beau monde, il apparait évident que la fin ne peut être que des plus explosives. La saga du Pensionnat de Mlle Geraldine se termine en apothéose. Elle met un point final aux aventures de notre quatuor préféré ! Seul bémol, on ne sait pas du tout ce que deviennent Dimity et Agatha par la suite. Par contre, la fin fait un joli clin d'oeil à la saga principale, ce que les fans de la première heure ne manqueront pas de noter ! 
Personnellement, je trouve que cette saga s'est très bien terminée. J'ai adoré suivre les aventures de Sophronia et ses amies. Chacun des quatre tomes était ponctué de chapitres évoquant les différents cours dispensés par l'école, et nous avons pu voir nos petites espionnes grandir et évoluer petit à petit en femmes du monde. Je recommande cette saga à tous les lecteurs et à toutes les lectrices du Protectorat de l'ombrelle qui ont adoré suivre les aventures d'Alexia. Je suis sure que vous adorerez aussi celles de Sophronia !

dimanche 24 janvier 2021

Les Prélts de Faneas T4 : La Légende des amants séparés de Charlotte Abécassis Weigel

 
Editions : Feryl Editions, 13 novembre 2020, 606 pages.
Résumé : Astéria Cliff, reine de Faneas, a oeuvré d'arrache-pied pour protéger son peuple du roi d'Endor grâce à ses multiples sacrifices. Faneas a recouvré un semblant de liberté. Toutefois, rien n'est acquis. Maboroshi, fatigué d'attendre, entend bien accélérer l'avènement de Freya par le biais du mariage qu'il projette depuis des mois. Cette union mettrait fin à la vie d'Asté et ferait du démon le roi incontesté de Faneas et d'Endor. Pour lui résister, l'alliance d'Amiran s'est fortifiée. Son étendard s'élève à présent comme le dernier rempart contre la tyrannie endorine. Cependant, sauver celle qui lui a donné le temps de s'épanouir n'est plus dans ses priorités. À l'approche de la guerre, Asté n'a plus la force de se relever et l'avenir semble bien sombre pour Faneas.
 
Mon avis
 
 
 Quatrième et dernier tome de la saga, je l'attendais comme un enfant attend Noël. Les Prélats de Faneas est l'une de mes sagas fantasy préférées. Et comme toute lectrice qui s'apprête à dire adieu à ses personnages favoris, j'ai débuté cette lecture avec un sentiment d'excitation mêlé à de l'appréhension. Dire au revoir, ce n'est définitivement pas mon truc. 

Nous retrouvons nos héros cinq ans après la fin du T3. Astéria est restée tout ce temps la prisonnière de Maboroshi. Kaede a disparu. Cléora et Noctis mènent comme ils peuvent l'alliance d'Amiran avec l'aide de Sora. Notre groupe de héros est complètement éclaté. En cinq ans, chacun a eu le temps de grandir et de murir à sa façon. Sora est devenu un beau jeune homme, plein de fougue et d'envie d'en découvre. Kaede a sombré dans la dépression après le départ d'Asté, Cléo et Noctis ont mis leurs sentiments personnels de côté pour se consacrer totalement à l'alliance et Asté... eh bien Asté n'est plus que l'ombre d'elle-même. C'est un vrai crève cœur que de retrouver ce personnage au trente-sixième dessous, elle que nous connaissions pleine d'énergie et de combativité. Le développement des personnages est impressionnant. Certains ont tourné exactement comme nous l'aurions imaginé, d'autres en sont aux antipodes. La force principale de cette saga repose sur ses personnages, sur le lien qui les unit et bien évidemment, sur leur caractère respectif. Faire un saut dans le temps, les retrouver différents, c'était un pari dangereux, mais que l'auteure a su relever haut la main. Car ce qu'elle nous propose, ce sont des personnages façonnés avec cohérence, travaillés avec minutie jusque dans les liens qui les unissent les uns aux autres. 

L'intrigue en elle-même n'est pas en reste. Arrêter Maboroshi est la priorité, sauver Astéria passe au dernier plan. Mais est-ce bien le cas ? Avec autant de personnages, il est évident que chacun a ses propres désirs et ses propres plans à mettre à exécution. Nous pourrions nous perdre entre toutes ces différentes intrigues, et pourtant, tout s'imbrique parfaitement pour se confondre en une seule et même fin en apothéose. La fin, parlons-en justement. J'ai rarement été scotchée sur mon canapé comme je l'ai été à la lecture des derniers pages de ce tome. L'auteure ne nous ménage pas, elle sait comment manipuler ses lecteurs. Elle nous emmène exactement là où elle veut et le couperet tombe sans que nous n'ayons rien pu voir venir. Moi qui est toujours peur des fins de saga, celle-ci est une véritable réussite. J'ai eu de la peine à m'en remettre et j'ai senti pendant plusieurs jours encore cette excitation suscitée par la surprise mêlée à la tristesse de quitter mes personnages préférées.

Quant au rythme de l'histoire, vous en aurez pour votre grade. Le rythme est parfait. Les scènes de batailles sont incroyables, elles vous mettent en tension comme si vous y étiez vraiment. L'atmosphère tendu est quasiment palpable. Heureusement, des moments de répits ponctuent de-ci de-là cette action effrénée. Les émotions se succèdent sans arrêt, entre la tension des moments de guerre, et la douceur des moments de rencontre, d'amitié et d'amour.


En conclusion

Ce T4 ponctue avec panache cette saga fantasy. J'ai adoré ma lecture de bout en bout, depuis le moment où j'ai ouvert le T1 pour la première fois, jusqu'à celui où j'ai fermé les pages de ce dernier tome. Magie, légende, mystère, amour, batailles et surtout amitié et famille, voilà les maitres mots de cette histoire pleine de rebondissements et d'émotions en tout genre. Si vous recherchez une nouvelle histoire de fantasy dans laquelle vous lancez, n'hésitez pas, et rejoignez Astéria et sa famille à Faneas.

dimanche 17 janvier 2021

Vampyria T1 : La Cour des ténèbres de Victor Dixen

 

Éditions : Robert Lafond, 15 Octobre 2020, 491 pages, 16€
Résumé : À la cour des ténèbres, le moindre faux pas se paye au prix du sang. 
"Tu vas t’épanouir à Versailles telle une fleur exotique. Les vampyres du palais raffolent de tout ce qui sort de l’ordinaire. Mais attention : la Cour des Ténèbres a ses codes, ses pièges mortels, et le moindre faux pas s’y paye au prix du sang..."

EN L’AN DE GRÂCE 1715, le Roy-Soleil s’est transmuté en vampyre pour devenir le Roy des Ténèbres. Depuis, il règne en despote absolu sur la Vampyria : une vaste coalition à jamais figée dans un âge sombre, rassemblant la France et ses royaumes vassaux. Un joug de fer est imposé au peuple, maintenu dans la terreur et littéralement saigné pour nourrir l’aristocratie vampyrique.

TROIS SIÈCLES PLUS TARD, Jeanne est arrachée à sa famille de roturiers et catapultée à l’école formant les jeunes nobles avant leur entrée à la Cour. Entre les intrigues des morts-vivants du palais, les trahisons des autres élèves et les abominations grouillant sous les ors de Versailles, combien de temps Jeanne survivra-t-elle ?
 
 Mon avis


Je surfe rarement sur la vague littéraire. En général, je lis les nouveautés avec un sérieux cran de retard. Mais là, le synopsis, la couverture, l'auteur... je ne pouvais pas passer à côté. Et j'ai bien fait, car de mémoire, cela fait quelques années que je n'avais pas dévoré un roman comme j'ai dévoré celui-ci. 

L'histoire prend place à notre époque. En 2015 plus précisément. Mais ce monde n'a pour autant rien à voir avec celui que nous connaissons car un événement a tout changé. En 1715, Louis XIV notre Roi Soleil, a effectué la première transmutation vampyrique de l'histoire de l'humanité. Devenu immortel, il s'est entouré d'une cour qu'il a façonnée à son image. Les nobles ont ainsi asservi le peuple français d'abord, puis les royaumes alentours, pour finalement s'étendre dans le monde entier tout au long des siècles passés. Sous ce règne de terreur, de nombreux événements historiques n'ont donc pas eu lieu. La Révolution française bien évidemment, mais surtout, la Révolution Industrielle. J'en parle car cela a eu pour conséquence directe qu'en 2015, dans le monde de Vampyria, les hommes et les femmes vivent encore dans un simulacre du  modèle de vie des temps modernes. L'électricité n'existe visiblement pas, les nobles s'habillent de perruques, robes et poudre blanche, les pauvres chassent eux-mêmes le gibier lorsqu'ils sont certains de ne pas se faire prendre. S'ajoute à cela le joug sous lequel vit le peuple. Celui-ci n'a pas le droit de sortir après le couvre feu, et n'a pas le droit non plus de quitter son village. En 2021, cela fait étrangement échos à notre vie actuelle. De plus, chaque membre issu du quart état doit se livrer à la saignée mensuelle, la dime payée en nature. C'est ainsi que les vampyres récoltent leur repas. Dans ce monde, la valeur donnée aux impôts et autres taxes est bien différente. Rien que pour le contexte, cette histoire est incroyable.
 
J'ai également beaucoup aimé le personnage principal : Jeanne. D'aucuns la trouveront un brin psychopathe. Moi je l'ai trouvé forte, têtue et indomptable. Je vois en elle un personnage intègre, fidèle à ses principes et à ses valeurs. Jeanne n'a pas les codes de la haute société, elle joue un jeu dangereux, et malgré tout, elle semble savoir tirer son épingle du jeu.
Quant aux autres, que ce soient les élèves, les professeurs, les vampyres ou les humains, tous sont travaillés et développés de la même manière. Ils sont tous écartelés entre survie et ambition face à ce Roy cruel et déconnecté. Cette lecture nous met en tension, c'est d'ailleurs certainement pour cela que j'ai eu autant de mal à lâcher ce livre.
 
 
En conclusion
 
La Cour des ténèbres est un excellent premier tome. Il introduit parfaitement ce monde si similaire et pourtant si différent du notre. Victor Dixen sait nous tenir en haleine d'un bout à l'autre de son roman. Sous sa plume, Jeanne avance de dangers en dangers, tout en gardant son objectif en tête. Rien ne semble pouvoir l'arrêter. Pour autant, les lecteurs se demanderont tout de même une chose : la fin justifie-t-elle les moyens ?

samedi 9 janvier 2021

L'Automne des magiciens T1 : La Fugitive de Hélène P. Mérelle

Editions : Editions de Noyelles, France Loisirs, 652 pages, Septembre 2020, 8,90€
Résumé : Octavianne, huitième fille de la reine d'Elgem a grandi dans le palais royal. À seize ans, sa soeur aînée régnante veut la marier contre son gré. Acculée, Octavianne s'enfuit et mène une vie d'errance, à la recherche d'un maitre de magie qui lui apprendra à contrôler ses pouvoirs naissants. Elle rencontre alors Adalgis, un chasseur mi-homme mi-lion qu'elle sauve et guérit. Au côté de cet être complexe et fascinant, libre et sauvage, une vie différente se dessine pour la jeune magicienne. 
Mais bientôt d'inquiétantes ombres issus de son passé menacent de la rattraper, et Octavianne doit faire un choix. Peut-on réellement échapper à son destin ?

Mon avis
 
L'histoire de L'Automne des magiciens, c'est celle d'Octavianne, princesse du royaume d'Elgem. Dans ce royaume gouverné de reine en reine, l'idée même d'accéder au trône n'a jamais effleuré la princesse. Les règles sont claires : seules les reines sont capables de manipuler la magie. Lorsqu'Octavianne résiste à sa soeur la reine Prima, bien décidée à la marier, son pouvoir magique s'éveille. Cette nuit-là, elle s'enfuit loin de ce mariage forcé et de cette soeur qui n'a que le pouvoir en tête. Octavianne entreprend un long voyage qui la mène dans chaque coin des terres des Neuf-Cités. 

J'aime beaucoup l'idée d'une princesse qui fuit sa vie de confort et part à l'aventure. C'est un thème qui peut revenir dans plusieurs histoires de fantasy c'est vrai. Mais ici la jeune femme s'en va dans le but de trouver un maitre magicien qui lui apprendra à se servir de ses pouvoirs. La première partie du roman est centrée la-dessus. Les lecteurs découvrent tout de l'utilisation de cette magie, en même tant que la princesse. C'est très enrichissant. De plus, le contexte géo-politique est assez bien représenté : neuf cités, chacune gouvernée à sa manière. Pour l'une, seules les reines possèdent la magie, dans une autre, seul le duc en est le légat, et dans une autre encore, la religion fait foi et le culte de la Lune est au-dessus de tout. Les paysages sont aussi différents que les manières de gouverner. Cette diversité fait la richesse de ce premier roman, ou plutôt, de cette première partie.
 
Mais toute cette dimension de l'intrigue est laissée de côté dans la seconde moitié de l'histoire, plus tournée vers la nouvelle relation amoureuse d'Octavianne. Les sentiments prennent alors une place prépondérante et ont pour conséquence de nombreuses longueurs. Certains passages m'ont fait l'impression que nous tournions en rond. S'ajoute à cela, un fait souvent relevé par les autres lecteurs.rices : la princesse Octavianne échappe à de (trop?) nombreuses tentatives de viol et attouchements. Je me demande si cette redondance est pertinente. Je terminerai ce côté plus négatif de ma critique par le résumé. Un conseil : contentez-vous de celui de la quatrième de couverture que j'ai recopié ici. Car sur les sites internet de lecture ou de ventes de livres, le résumé en dit beaucoup trop. Ils vous racontent littéralement tout ce qui se passe d'intéressant dans le roman. 

J'ai beaucoup aimé les personnages. À commencer par Octavianne, une princesse farouche et téméraire, qui sait ce qu'elle veut et surtout, ce qu'elle ne veut pas ! Proche du peuple, c'est une jeune femme généreuse et attentive, qui se mouille les mains lorsqu'il le faut. Au départ indépendante et alerte, elle s'adoucira en rencontrant Adalgis. Celui-ci aura une emprise assez réductrice sur elle c'est vrai. Je trouve que le fait de s'être trouvé un protecteur a camouflé son côté débrouillard. Mais je ne doute pas qu'elle le retrouvera dans le second tome, vu la fin du premier ! Quant à Adalgis, c'est un homme-lion similaire aux loups-garous dans cette dualité qu'il vit au quotidien avec le lion en lui. À la différence cependant qu'il ne se transforme pas en lion. Il est un être hybride, mi-homme mi-lion. J'apprécie beaucoup cet effort de l'autrice de nous proposer de nouvelles créatures. J'attends d'en apprendre plus sur lui et ses semblables dans les prochains tomes. À noter également que c'est un personnage en conflit perpétuel avec lui-même, tiraillé entre le désir d'être avec celle qu'il aime et la réalité de leur situation. Par rapport à Adalgis, l'autrice a su nous décrire sans trop de longueurs cette souffrance qu'il éprouve au quotidien. Il est loin de n'être qu'une bête ou un soldat. Il est bien plus.


En conclusion

C'est un premier tome qui introduit parfaitement l'histoire. Il nous propose un nouvel univers de fantasy, avec des personnages dont on voit bien l'évolution au fil des pages. J'attends plus du tome 2 cependant. J'espère que la romance sera plus en retrait et laissera plus de place à la découverte de ce monde qui promet de belles choses.

samedi 2 janvier 2021

La Cité lagune T1 : Le Pouvoir des soeurs d'Anne Kalicky



Editions : France loisirs, 10,90€, 144 pages, Janvier 2021
Résumé : Dans la cité lagune, habitent des jumelles aux longs cheveux roses. Recueillies petites par une servante et son maître, les deux sœurs ne savent rien de leurs origines. Mais lorsque le danger les menace, elles réalisent qu’un étrange pouvoir les unit…
 
Merci aux éditions France Loisir pour cette lecture réalisée dans le cadre des Top Lecteurs 2020.
 
Mon avis
 
J’ai beaucoup apprécié ce roman. L’histoire suit les jumelles Mahaut et Nella, deux petites filles aux étranges cheveux roses. Recueillies par la servante Simonetta et le peintre Carlo alors qu’elles n’avaient que quelques mois, les fillettes ont bien grandi et se préparent à célébrer leur premier carnaval de Cadacise. Cette journée promet d’être spéciale puisqu’elle tombe pile le jour de leur anniversaire. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu. Alors que le bal suit son cours, que les fillettes s’amusent tout leur saoul, d’étranges événements vont avoir lieu. Pour les jumelles, c’est le début d’une aventure surprenante.

Ce roman est destiné à un jeune public, mais l’histoire est suffisamment intrigante pour qu’un adulte s’y intéresse. Le style est fluide et à la portée d’enfants. Il y a quelques mots d’italiens disséminés entre les pages, mais l’autrice les explique tous avec une note de bas de page, ce que je trouve très ludique. Les chapitres sont courts et entrainants. La mise en page est claire et très espacée, ce qui ne manquera pas d’aider les enfants qui auraient encore quelques difficultés en lecture. C’est un livre qui se lit très vite. Toutefois, je le trouve vraiment trop court. On a à peine le temps de rentrer dans l’histoire que le tome est déjà terminé. Je suis restée sur ma fin et j’aurais beaucoup aimé avoir encore quelques chapitres de plus.

Pour ce qui est de l’histoire, elle est très intrigante. On ne sait pas vraiment ce qui va arriver aux jumelles. Tout ce que l’on sait, c’est qu’elles sont au coeur de quelque chose, et qu’à priori cela a avoir avec la peste noire qui frappa leur ville dix ans plus tôt. Au delà de cela, on ne sait absolument rien. L’histoire se termine lorsque la situation commence à évoluer pour les fillettes. Ce roman aurait été parfait s’il avait été un peu plus long !
 
 
En conclusion 
 
Ce roman est très bien écrit et l’histoire est tout ce qu’il y a de plus intrigante. Tout le mystère autour des deux enfants est l’essence même de cette histoire. Et il est très bien amené. De plus, le style est fluide et à la portée des plus jeunes. S’ajoute à cela quelques mots d’italien que les petits (et les plus grands) pourront s’amuser à apprendre grâce aux notes de bas de page. Et la mise en page est vraiment très agréable car claire et espacée. Je le conseille aux plus petits comme aux plus grands.